Le conte de l’homme lichen [1ère partie]

[Je commence un nouveau format d’écriture : celui de la nouvelle ! Cette histoire divisée en sept parties n’est sûrement pas parfaite, mais je compte sur vous tou.tes pour m’aider à l’améliorer par vos critiques et commentaires… Bonne lecture !]

Il était une fois

 

Dans un pays lointain, présentant par un heureux hasard de nombreuses similitudes avec le nôtre, vivait un homme que son entourage avait pris l’habitude d’appeler Paul. Son nom de famille, quant à lui, n’a aucune importance pour cette histoire, d’autant plus que Paul n’avait, pour ainsi dire, aucune famille proche.

Paul était un homme comme il y en a beaucoup de par le monde, ne possédant rien de particulièrement précieux que sa modeste maison où se répartissaient, comme sur toutes les maisons modestes, une porte extérieure, deux fenêtres, et, deux saisons sur quatre, un pot de fleurs rouges devant chacune d’entre elles. Paul ne possédait pas non plus de qualité extraordinaire et se trouvait par exemple tout à fait incapable de s’envoler pour aller secourir l’innocent en danger, pas plus qu’il n’était un génie caché des mathématiques ou de l’aquarelle. Il avait appris à marcher et à parler comme tous les enfants, ni trop avant, ni trop après, n’avait pas eu particulièrement de bonnes notes à l’école, sans être tout à fait cancre. Il gardait un train de vie sain, faisait parfois du sport, surveillait son alimentation tout en se laissant aller à l’occasion des fêtes ou de retrouvailles avec de vieux amis. Bref, et bien que les gens sont souvent plus capables que ce que l’on imagine, Paul avait une vie que l’on peut qualifier sans trop risquer de se tromper, d’ordinaire.

Paul vivait dans un petit village comme il y en tant, ce genre de village que l’on traverse d’habitude en voiture sans vraiment y prendre garde, mais dont on fait le tour en une heure à peine dès lors qu’on a la mauvaise idée de tomber en panne en plein milieu, alors qu’on voyage avec les enfants en direction de la maison en bord de mer. En effet, c’était un de ces villages dans lesquels on retrouve toujours une vieille qui revient du marché avec un cabas à moitié rempli, un chien qui aboie derrière un grillage rouillé, un bar et une église centrale, ainsi, quelquefois, un panneau indicatif dirigeant le touriste incapable de s’y rendre sans sa voiture en panne en direction d’un obscur monument en ruine.

De toute façon, le petit village de Paul ne voyait pas passer beaucoup de touristes, puisque les ruines du monument n’étaient même pas réputées pour être hantées, ni pour receler quelque anecdote historique sordide qui font la fortune de beaucoup de petits villages.

De plus, le manque de pannes de voitures de touristes n’arrangeait pas les affaires de Paul, qui était le seul garagiste du village, village dans lequel les gens roulaient prudemment et précautionneusement, et qui par conséquent n’usaient pas leur moteur et provoquaient moins d’accidents que la moyenne nationale, au grand désespoir de notre garagiste, réduit à réparer les déraillements des vélos des trois enfants du village qui n’avaient pas encore appris à le faire par eux-mêmes. Par conséquent, Paul n’était pas un mécanicien particulièrement aisé, malgré une indéniable bonne volonté et un savoir-faire tout à fait honorable.

En raison du peu de surprise que lui réservait son quotidien, Paul était devenu un garagiste de village tout à fait respectable, et respecté, qui répondait parfaitement à l’idée que chacun peut se faire d’un garagiste. Si Paul avait été un garagiste ornithologue, ou chirurgien-dentiste, il ne fait aucun doute qu’on l’eut mal regardé, puisque le client ordinaire de garage ne vient pas pour être comparé à un pigeon (columba livia domestica) ni se faire faire un détartrage, surtout quand l’on sait à quel point c’est désagréable. Non, Paul était un garagiste garagiste, et vous conviendrez que c’est déjà bien assez.

Cependant, la méconnaissance des subtilités de son métier par la plupart de ses concitoyens lui permettait d’être souvent appelé ici ou là pour réparer une chaudière, visser une ampoule, voire même, et il en fut lui-même étonné quoiqu’il le fit volontiers, construire un poulailler pour M. le Maire. Il passait ainsi le plus clair de son temps de garagiste à ouvrer dans son atelier, où s’entassaient, à défaut de voitures de touristes, les chaudières les ampoules et les poulaillers. Il s’était même aménagé, dans le coin droit à la place de son cric qui prenait la poussière, une petite chambre douillette composée d’un antique lit de camp, d’une lampe de chevet et d’un chevet pour y poser sa lampe ainsi que son roman policier qu’il n’arrivait pas à terminer, alors même que cela faisait trois mois qu’il l’avait commencé.

Bref, Paul menait une existence tranquille, et quoiqu’il n’eût à ses côtés ni femme ni enfants, ce qui constituait peut-être pour lui son unique regret véritable, il aimait à penser qu’il était heureux.

Pourtant, et c’est là toute la magie du hasard qui ne fait pas toujours bien les choses comme nous allons le constater, il arriva à Paul une aventure tout à fait extraordinaire.

 

 

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